Mines Paris – PSL et le Groupe ADIT allient leurs expertises pour proposer un Executive Master dédié à l’intelligence stratégique du risque à compter du mois de janvier 2027. Destiné aux dirigeants et aux cadres supérieurs, ce parcours permet de lire les ruptures, d’anticiper les dépendances, de décider sous contrainte et de gouverner les crises. Il s’inscrit dans la dynamique de création d’une communauté française du risque et d’un Institut du risque.

À l’occasion de son lancement, Karim Hardy, maître de conférences au Centre de recherche sur les Risques et les Crises de Mines Paris – PSL et l’un des responsables pédagogiques du programme, nous présente ce nouveau parcours. De retour en France après treize années passées à Embry-Riddle Aeronautical University, aux États-Unis, ses travaux portent notamment sur l’analyse systémique des risques et des crises, la résilience des organisations et la décision en situation extrême.

 

L’Executive Master « Intelligence stratégique du risque » s’inscrit dans la dynamique de l’Institut du Risque, porté par Mines Paris – PSL et le Groupe ADIT. Quelle ambition a présidé à sa création ?

[ Karim Hardy ] L’ambition commune est de sortir d’une gestion du risque par silos. Les dirigeants sont aujourd’hui confrontés à des vulnérabilités numériques, géopolitiques, industrielles, climatiques, juridiques ou réputationnelles qui se croisent et dont les effets peuvent se propager rapidement dans toute l’organisation. L’Institut du Risque répond à ce constat en contribuant à structurer une communauté de réflexion et de dialogue autour de ces enjeux. L’Executive Master en constitue le prolongement par la formation : il donne aux dirigeants des méthodes pour identifier les dépendances critiques, anticiper les enchaînements et arbitrer dans l’incertitude. La complémentarité entre Mines Paris – PSL et le Groupe ADIT est précisément là : croiser l’exigence scientifique et méthodologique des Mines avec l’expérience opérationnelle et l’intelligence stratégique portées par l’ADIT et l’Institut du Risque. L’objectif est de former des décideurs capables de comprendre un système complexe sans se substituer aux experts, puis de transformer cette compréhension en décisions et en gouvernance.

 

« Lire les ruptures, anticiper les dépendances, décider sous contrainte » : quelle approche du risque souhaitez-vous transmettre aux dirigeants ?

[ Karim Hardy ] Penser le risque de manière systémique, c’est s’intéresser moins à un événement pris isolément qu’aux relations, dépendances et mécanismes de propagation qui l’entourent. Une cyberattaque peut devenir une crise de continuité, de réputation ou de responsabilité juridique ; une rupture d’approvisionnement peut produire des effets industriels, financiers et géopolitiques. Ce qui compte est donc la manière dont les effets se diffusent, interagissent et s’amplifient. Le terme de « polycrise » est utile pour rappeler que plusieurs crises peuvent se produire simultanément, mais il reste insuffisant s’il ne décrit qu’une juxtaposition de problèmes. L’enjeu est de comprendre leurs interactions et les points où le système peut perdre ses marges de manœuvre. Pour un dirigeant, cela conduit à poser quelques questions simples : qu’est-ce qui doit absolument tenir ? De quoi dépendons-nous réellement ? Quelles capacités d’action restent disponibles si la situation se dégrade ? Cette lecture permet de hiérarchiser les priorités et d’éclairer la décision malgré l’incertitude.

 

Comment le programme articule-t-il expertise scientifique, expérience opérationnelle et immersion pour préparer les dirigeants à la décision ?

[ Karim Hardy ]  Ces trois dimensions sont indissociables. L’expertise scientifique apporte des modèles, des méthodes et des grilles de lecture ; l’expérience opérationnelle confronte ces cadres aux contraintes réelles des organisations et aux arbitrages du décideur ; l’immersion permet enfin d’observer comment ces questions se posent concrètement sur le terrain. Le programme s’appuie donc sur des crises documentées, des cas d’entreprise, des données, des témoignages de praticiens, des outils opérationnels et des simulations. Les participants appliquent progressivement une démarche transversale – cadrer, cartographier, diagnostiquer, éprouver, concevoir, puis piloter et apprendre – à des situations concrètes. La Learning Expedition complète cette logique en confrontant les participants à des enjeux de souveraineté, de continuité d’activité, de menaces hybrides, d’infrastructures critiques et de coopération public-privé. L’objectif n’est pas d’accumuler des connaissances, mais de développer une capacité de jugement : savoir relier les expertises, tester un diagnostic et décider de manière argumentée dans des environnements complexes.

Pour aller plus loin

L’Executive Master « Intelligence stratégique du risque » débutera en janvier 2027. Découvrir le programme, les modalités et le calendrier de candidature

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