Le 28 mai 2026 débutera le parcours « Territoire, Énergie, Climat », un cycle inédit conçu pour croiser les regards et éclairer les décisions stratégiques à l’heure des contraintes énergétiques et climatiques.

Sous la direction de Maxime Blondeau, plus d’une dizaine d’experts de référence, parmi lesquels Emma Haziza, Arthur Keller, Aurélien Bigo et Éric Guilyardi, confronteront les faits afin de structurer une compréhension systémique des transformations énergétiques, climatiques et économiques.

Conçu dans l’esprit d’un cycle de conférences, le programme se déploie en trois journées : 28 mai, 16 juin et 2 juillet 2026.

Maxime Blondeau, directeur pédagogique du parcours, revient en trois questions sur la genèse de cette initiative et sur l’ambition intellectuelle qui la structure.

 

Comment est né ce parcours, et quelle ambition portiez-vous en choisissant le nom « Territoire, Énergie, Climat » ?

[Maxime Blondeau] Ce parcours est né d’un constat simple : nous parlons du climat comme d’une abstraction globale, de l’énergie comme d’une question technique, et du territoire comme d’un cadre administratif. Or ces trois dimensions sont profondément reliées par le vivant, par le récit et l’expérience. Pour mieux le comprendre, nous avons voulu ouvrir un dialogue entre les sciences physiques et les sciences humaines.

L’ambition est donc cosmographique : apprendre à relier les systèmes. Comprendre comment une décision énergétique modifie un bassin versant, comment une innovation technologique reconfigure le récit d’un territoire, comment une contrainte climatique transforme l’action publique.

 

Le cycle réunit une dizaine d’experts issus de disciplines complémentaires. Que permet ce croisement des regards dans l’analyse des enjeux énergie-climat ?

[Maxime Blondeau] Cela permet de penser autrement, par l’intégration et l’arborescence. Le climat n’est pas un problème sectoriel, c’est une réalité globale. Le territoire n’est pas un outil, c’est un milieu. La technologie n’est pas une finalité, c’est le moyen de mieux vivre.

Réunir des ingénieurs, des économistes, des hydrologues, des océanographes, des experts des politiques publiques et de l’anthropologie permet de sortir de l’idée qu’un outil ou qu’une solution simple va régler un problème complexe. Ce croisement permet trois choses essentielles : identifier les angles morts, comprendre les interdépendances, mieux décider.

Trop souvent, l’expertise reste fragmentée. Ici, l’objectif est d’éclairer l’action stratégique par une prise de recul.

 

Le territoire constitue l’un des fils conducteurs du parcours. En quoi l’échelle territoriale est-elle aujourd’hui déterminante pour articuler transition énergétique, adaptation climatique et résilience économique ?

[Maxime Blondeau] Le territoire, c’est le lieu où tout se passe, là où le global rencontre le local. Pour compléter la célèbre formule d’Yves Lacoste qui disait que la géographie, ça sert d’abord à faire la guerre, je rajouterai que la géographie, ça sert aussi à faire la terre. Par nos décisions collectives, nous programmons les territoires, nous les dessinons, nous les écrivons.

La transition énergétique se traduit par des infrastructures locales bien réelles : centrales et réseaux électriques, voies de transport, habitat, fermes solaires ou éoliennes. L’adaptation climatique se traduit par des choix d’aménagement : gestion de l’eau, végétalisation, relocalisation d’activités. La résilience dépend de la capacité d’un territoire à diversifier ses ressources alimentaires et ses dépendances énergétiques.

La technologie joue un rôle structurant, mais sans vision territoriale, sans récit collectif, elle n’est qu’une couche supplémentaire de complexité.

Ce que nous cherchons à transmettre dans ce parcours, c’est une capacité de lecture : lire un territoire en même temps comme un système géologique, technologique et biologique. Seule cette lecture nous permettra ensuite d’agir avec lucidité et confiance.

 

Parcours Territoire, Energie, Climat piloté par Maxime Blondeau pour Mines Paris - PSL Executive Education